Durée : une semaine
Coût émotionnel : ❤️
Coût matériel : 💰💰💰
Pour vivre cette aventure existentielle, faites votre valise, partez pour la gare la plus proche de votre domicile et prenez un train au hasard. Descendez au premier arrêt et prenez le train dans l’autre sens. Arrivez à la gare dont vous étiez parti : vous voilà touriste en votre propre ville.
Vous aurez au préalable acheté un guide touristique et réservé une chambre pour la semaine dans un des hôtels conseillés par celui-ci. Evitez les Airbnb et autres solutions d’hébergement chez l’habitant qui vous sembleraient sans doute trop familières et vous empêcheraient de vivre pleinement l’expérience du touriste.
Organisez votre semaine en suivant les conseils de votre guide : visitez les musées qu’il faut visiter, voyez les monuments qu’il faut voir, promenez-vous dans les quartiers typiques. Mangez dans les restaurants et sortez dans les bars conseillés par votre guide.
Vous êtes en vacances ! Habillez-vous de manière décontractée, de cette manière si confortable dont on n’ose jamais s’habiller lorsque l’on est dans sa ville. Vous pouvez pousser l’aventure jusqu’à vous exprimer, avec les autochtones, uniquement en anglais.
Pour peu que votre ville soit un peu touristique, vous en (re)découvrirez ces no-go-zones que les locaux ont définitivement abandonnées aux touristes et dans lesquelles ils ne se rendent jamais. A l’heure où les voyageurs du monde entier partent à la recherche des quartiers authentiques dans lesquelles vivent les vrais gens, inversez la tendance ! Partez à la recherche des endroits les plus faux, qui sont devenus des Disneylands touristiques pour une très bonne raison : ce sont les lieux les plus beaux de votre ville.
Au soleil couchant, asseyez-vous sur un banc pour contemplez le paysage. Votre ville n’est-elle pas magnifique ? Peut-être, prenant le contre-pied des nationalistes, songerez-vous alors que, de même qu’on n’aime jamais tant une personne que dans les moments où l’on sent que son affection ne nous est pas encore gagnée ou est en train de disparaître, il faut, pour aimer véritablement un pays, en être un étranger.