2. L’arrêt forcé

Durée : deux heures
Coût émotionnel : ❤️
Coût matériel : nul

Pour vivre cette aventure existentielle, trouvez, chez vous, une pièce au calme. Isolez-vous, et faites-en sorte de ne pas être dérangé. Éteignez vos téléphones, tablettes, télévisions, ordinateurs, consoles de jeu, chaînes Hi-Fi. Éloignez les livres, les journaux et les magazines, et toutes les autres sources de distraction. Réglez un réveil ou une alarme afin qu’une sonnerie retentisse deux heures plus tard. Remplissez un verre d’eau que vous poserez près de vous. Puis, asseyez-vous, et, pendant deux heures, ne faites rien.

Ne faites absolument rien. Vous avez le droit de penser, de chantonner, de rêvasser, de compter ; vous avez le droit, à la rigueur, de vous lever et de faire quelques pas à l’intérieur de la pièce en question mais toute autre activité est interdite. Vous ne devrez pas lire, pas parler à qui que ce soit, pas manger ; il est interdit de faire du sport, de se masturber, de dormir. Si quelqu’un sonne à votre porte, n’allez pas répondre : faites exactement comme si vous n’étiez pas là.

Vous ne pouvez pas méditer. Ce serait trop facile. Les techniques de méditations permettent de rendre l’inaction supportable, voire thérapeutique, ce qui n’est pas le but.

Les deux heures écoulées, allumez votre ordinateur ou prenez une feuille de papier, et décrivez ce qui s’est passé : quelles pensées avez-vous formées ? Quels aspects de votre vie vous sont apparus de manière nouvelle ? Comment avez-vous vécu ces deux heures d’inaction pure, peut-être les premières de ce type que vous puissiez vous remémorer ?